COMMUNIQUÉ DE PRESSE
KUUJJUAQ – Le 2 avril, 2026 – Makivvik a pris connaissance de la récente couverture médiatique, notamment du reportage The Fifth Estate concernant le projet proposé d’extraction des terres rares de Stange Lake, un projet avancé par Torngat Metals.
Le projet Strange Lake est situé au Nunavik et affecte des terres assujetties à la Convention de la Baie James et du Nord québécois, y compris les terres de catégorie III où les droits et les intérêts des Inuits sont reconnus et protégés. Makivvik a pour mandat de représenter les Inuits du Nunavik, de protéger et de promouvoir leurs droits et intérêts, notamment en ce qui concerne l’utilisation des terres, les ressources et le développement.
La Convention de la Baie James et du Nord québécois a été conclue dans le but de résoudre les conséquences du développement imposé sur les terres inuites sans la participation des Inuits. Elle établit les droits contraignants et le cadre qui régit la manière dont le développement se déroule au Nunavik. Ces droits s’appliquent directement à ce projet.
Makivvik a engagé le dialogue avec la communauté de Kangiqsualujjuaq ainsi qu’avec Torngat Metals et les autorités gouvernementales au sujet du projet Strange Lake. Notre position a été claire et constante : le projet ne peut pas avancer sans l’entière participation de Makivvik, l’achèvement des processus environnementaux et sociaux, et le soutien transparent et indispensable de Kangiqsualujjuaq.
« Il n’existe aucune voie de développement au Nunavik qui peut contourner les droits des Inuits ou la prise de décisions inuite. Le moratoire sur le développement minier imposé par Makivvik en juillet 2023 demeure en vigueur, et aucun projet ne pourra avancer tant que les étapes requises ne seront pas achevées », de dire Pita Aatami, le président de Makivvik.
De récents rapports, de même que la position fédérale, donnent l’impression que ce projet progresse au-delà de ce point. Cette impression est incorrecte et découle d’une caractérisation trompeuse du projet comme étant en cours de financement, de développement des infrastructures et d’engagement avec diverses parties. Un projet affectant le Nunavik ne peut avancer, dans un sens significatif, sans la participation de Makivvik.
Le Nunavik n’est pas un territoire où des décisions peuvent être prises unilatéralement. Les Inuits détiennent des droits reconnus en rapport avec la terre et son utilisation, et Makivvik représente ces droits. Les concessions minières, les initiatives de financement ou les ententes externes ne peuvent les déroger.
Makivvik a clairement indiqué qu’il est encore prématuré de faire avancer ce projet tant que les points de vues de la communauté de Kangiqsualujjuaq ne seront pas entièrement connus et respectés. Makivvik soutient les droits de la communauté de Kangiqsualujjuaq à savoir si ce projet devra se poursuivre et s’il suivra les directives de la communauté à cet égard. Toute suggestion avancée par le projet Strange Lake sans que ces conditions soient remplies ne reflète pas le cadre juridique et de gouvernance qui s’applique au Nunavik.
Les circonstances qui ont mené à la Convention de la Baie James et du Nord québécois ne doivent pas se répéter. Makivvik continuera d’affirmer son rôle et prendra les mesures nécessaires en vue de s’assurer que les décisions affectant les terres inuites au Nunavik ne soient pas prises sans la participation et le consentement des Inuits.
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Personne ressource:
Katharine Morrill
Directrice des communications, Makivvik
kmorrill@makivvik.ca
www.makivvik.ca
Makivvik est l’organisation responsable des revendications territoriales mandatée pour gérer les fonds patrimoniaux des Inuits du Nunavik prévus par la Convention de la Baie James et du Nord québécois. Le rôle de Makivvik comprend l’administration et l’investissement de ces fonds ainsi que la promotion du développement économique en fournissant une assistance pour la création d’entreprises gérées par des Inuits au Nunavik. Makivvik favorise également la préservation de la culture et de la langue inuites ainsi que la santé, le bien-être, la lutte contre la pauvreté et l’éducation des Inuits au sein des communautés.
